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Les Victoires de la musique, une cérémonie encore légitime?

Publié par Matthias sur 19 Janvier 2018, 22:15pm

Catégories : #News, #Édito

Le 9 février prochain, France 2 proposera une nouvelle édition des Victoires de la musique, cette fois-ci animée par Daphné Burki. Un programme qui a subi une large polémique ces derniers jours, après avoir rendu publique la liste des nominés de cette année. Et pour cause, on découvre une nouvelle fois un décalage ahurissant entre l’avis des auditeurs et les décisions du jury de l'émission. La question se pose alors : Les Victoires de la Musique sont-elles encore légitimes en 2018 ? Éléments de réponse, ci-dessous.

Les Victoires de la musique, une cérémonie encore légitime?

Les Victoires de la musique, émission phare et annuelle de France 2, a pour but de récompenser ceux qui ont marqué l’année musicale écoulée. Contrairement à d’autres cérémonies de ce type, notamment les NRJ Musics Awards en France, la grande majorité des votes n’est pas confiée au public, mais bien à 600 professionnels de la musique. Ces derniers sont par ailleurs également chargés de décider des nominations. Ne serait-ce pas un premier souci? La musique est la plupart du temps créée pour satisfaire les oreilles assidues des auditeurs, et non de « professionnels ». A titre de comparaison, une certification d’album (disque d’or, de platine, de diamant) touchera donc certainement plus un artiste qu’un trophée remporté aux Victoires de la musique. 

 

Mais là où ça se corse encore, c’est lorsque l’on déplore des oubliés parmi les nominés. C’est le constat que l’on a eu à faire cette année, notamment dans la catégorie « Album de musiques urbaines de l’année » (comprenez, « l’album rap de l’année »). Le nom de la catégorie lui même est d’ailleurs assez flou: en 2009 déjà, Kery James demandait à ce qu’il soit plus explicite. Il n’a vraisemblablement toujours pas été entendu. Mais pour en revenir aux nominations, le jury a ainsi décidé de mettre en avant les albums de Lomepal (FLIP), d’Orelsan (La fête est finie), et de BigFlo et Oli (La Vraie Vie). Beaucoup ont eu du mal à comprendre cette sélection. En effet, 2017 a été une année extrêmement enrichissante et prolifique pour le rap francophone, qui peu à peu a conquis un public plus "mainstream" au cours de ces douze mois, à l’aide d’artistes comme Damso, Niska ou Vald pour ne citer qu’eux. En bref, les trois albums sélectionnés font polémique car ils ne sont en aucun cas représentatifs de l’année 2017 du rap francophone. On peut comparer le programme à un « vieux monde », qui reste perplexe devant la montée en puissance d’une culture comme le rap notamment chez les jeunes, et qui n’ose alors pas en montrer toute sa diversité. Certains, comme la politique Rokhaya Diallo, sont même montés au créneau pour dénoncer un arrière goût de racisme dans ces choix. Si cette hypothèse n’est pas la plus censée, on peut à contrario s’interroger avec plus d’intérêt sur la légitimité de la cérémonie à faire le bilan de l’année musicale, lorsque le président des Victoires lui même rappellait il y a encore quelques jours que le succès commercial n’entrait pas en compte dans les nominations. En clair, les auditeurs en ressortent comme les grands oubliés.

 

Cette polémique n’est pas la première à soulever de telles interrogations. Plusieurs artistes ont déjà exprimé leur mécontentement face au fonctionnement de l’émission de France 2. L’un d’eux n’est autre que M.Pokora, qui ces dernières années a multiplié ce genre de déclarations hostiles. Il parle alors d’une « cérémonie de bobos parisiens », dans laquelle il n’est pas nominé car, sans doute, « trop populaire ». Plus récemment, l’un des grands absents de cette édition 2018, à savoir le rappeur belge Damso, avait lancé une pique montrant son mépris et son indifférence à l’encontre des Victoires, « J’t’aime pas comme les Victoires de la musique ». 

 

Pour conclure, la légitimité de l’émission ne repose en fait plus sur grand chose. L’absence de succès populaires depuis des années lui fait défaut, et les récompenses ne représentent plus l’avis du public (à l’exception des catégories « Chanson de l’année », « Révélation de l’année » et « Groupe de l’année » où ce dernier peut voter par SMS), mais simplement celui, tant subjectif soit-il, d’un jury bercé dans l’industrie de la musique, que l’on peut alors voir comme une élite. 

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