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Interview exclusive de Boris Ehrgott !

Publié par Florent Rossi sur 22 Mai 2016, 20:02pm

Catégories : #Interviews

Interview exclusive de Boris Ehrgott !

1) Vous avez présenté "Soupçons" sur Cherie 25. Regrettez-vous d'avoir quitté cette chaîne pour NT1 ?

Je fais de la télé depuis plus de 15 ans maintenant… Le temps passe! L’expérience m’a montré que le monde des médias est fait d’une succession d’opportunités et de rencontres. Journaliste-présentateur indépendant, je suis également à la tête de ma propre petite société de production, et ne suis pas directement attaché à une chaîne ou à un groupe. J’ai pris un plaisir fou à animer Soupçons, sous l’impulsion de la grande Christine Lentz - alors directrice des programmes du pôle TV du groupe NRJ - et sous la baguette de Bertrand Chauvisé, le producteur de l’émission. Le concept était particulièrement audacieux et original car il avait pour objectif d'aborder des sujets difficiles, voire impossibles, à traiter dans le cadre d’un simple reportage. C’est pourquoi nous avons décidé d’adjoindre les talks en plateau de fictions originales, écrites et réalisées pour le programme. Les fictions étaient écrites d’après une enquête journalistique, et elles reposaient sur un bouquet de témoignages. Pendant les talks avec les témoins, les victimes et les experts, nous faisions régulièrement référence aux films courts que nous venions de voir. Le mélange des deux genres était plutôt risqué, mais le mariage réussi. Les courbes d’audience l’ont prouvé: nous avons multiplié l’audience de la case par 4 et les courbes suivaient une progression régulière tout au long de l’émission.
A titre personnel, c’est une expérience très forte. C’est la première fois que je me livrais véritablement à l’exercice (difficile) de l’interview testimoniale. Etre face à une personne qui vous raconte les yeux dans les yeux le drame qu’elle a vécu est très périlleux en télé. Les sujets que nous abordions n’étaient pas forcément joyeux (l’inceste, la drogue chez les enfants, l’amour en cavale, j’ai trompé ma femme avec un homme, etc), mais les personnes dont nous recueillions les témoignages nous donnaient au final des leçons de vie. Nous nous sommes aperçus que le témoignage à visage découvert faisait partie intégrante d'un processus de reconstruction personnelle. Et, souvent d’ailleurs, il constituait l’ultime étape de leur démarche de résilience.

2) Vous êtes arrivé sur NT1 pour présenter le Bachelor et succéder à Grégory Ascher. Étiez-vous stressé lors de votre arrivée dans l'émission ?

Il faut savoir tout faire dans ce métier, et surtout, prendre du plaisir à chaque fois ! Comme je vous le disais, notre parcours est jalonné de rencontres. TF1 est venu me chercher pour me proposer le Bachelor, et plus précisément Othilie Barrot, la responsable du département de la Télévision du Réel chez TF1 Productions. Ma première question a été: “Mais pourquoi moi??”… Elle m’a répondu très honnêtement que la “marque” fédérait un public fidèle depuis des années. Et qu’il fallait que son incarnation accompagne la maturité du programme. Ils étaient donc à la recherche d’un homme quarantenaire, plutôt beau gosse… Non j’plaisante… (rires). Ils cherchaient également un journaliste, car il était important de pouvoir se désolidariser du prompteur afin de pouvoir nouer une relation d’intimité avec le Bachelor, de pouvoir à la fois l’écouter comme un confident et lui poser les questions les plus directes possibles pour comprendre son évolution psychologique et sentimentale. D’autre part, j’ai été très curieux de découvrir une écriture télévisuelle. C’était tout à fait nouveau pour moi. Après des études d’histoire poussées et un passage par Sciences Po, le moins que l’on puisse dire est que la télé réalité n’est pas mon ADN…
Un passionné de l’image ne peut pas rester insensible à une machine de guerre aussi éprouvée que celle du Bachelor. L’équipe de TF1 Prod est époustouflante de professionnalisme. Sur le papier, le format est quasi impossible à produire. Imaginez, pendant 2 mois, vous devez mettre tous les 3 jours une équipe de plus ou moins 100 personnes dans l’avion, car le tournage est itinérant. Un cauchemar pour les directeurs de production! Nous avons tourné dans 5 pays: en France, en Italie, en Espagne et aux Canaries, au Sri Lanka…
Pour répondre (enfin) à votre question: non, je n’étais pas stressé. Le mot ne fait pas partie de mon vocabulaire. Je suis un adepte des arts martiaux et j’essaie tant bien que mal de transformer les ondes négatives en énergies positives. Donc, on va plutôt dire que j’étais très “excité”!

3) Les audiences ont été dans la moyenne de la chaîne mais en baisse par rapport à l'année dernière. Comment expliquez-vous cette baisse d'audience ?

Il y a à mon avis plusieurs raisons à cela. Comme je vous l’ai expliqué, le Bachelor est un format déjà très bien connu des téléspectateurs. Même s’il remporte un succès foudroyant à travers le monde (la chaîne ABC aux Etats-Unis en est à sa 17è saison en 13 ans, il y a plusieurs saisons par an tellement l’attente du public est grande, et 37 pays je crois l’ont adapté) il est très difficile de continuer à étonner les fidèles. D’autant que l’économie de la production audiovisuelle n’est plus la même. La multiplication des chaînes réduit d’autant les parts du gâteau publicitaire, le nerf de la guerre de la télévision. Vous l’avez compris, il faut faire toujours mieux avec toujours moins. Un vrai défi!
Vous n’êtes pas sans savoir que nous avons connu quelques aléas et un “faux départ” avant de pouvoir lancer le tournage avec le formidable Gian Marco. Nous avons donc dû passer notre tour l’année dernière. Difficile de fidéliser une audience dans ces conditions.
Et puis enfin, il faut aussi ouvrir les yeux: le jeune public est attiré par une autre forme de télé réalité dont, personnellement j’ai un peu de mal à saisir les codes… Les Anges, les Marseillais, les Chtis… réalisés avec beaucoup moins de moyens, beaucoup moins de passion, beaucoup moins d’ambition technique. Et malgré tout, cette télé-là semble répondre bien mieux aux attentes des plus jeunes. Il faut s’interroger, essayer sans doute de trouver un entre-deux, entre ce que propose le Bachelor: un conte de fée des temps modernes, et ce que proposent les Anges: le royaume des selfies et de Snapchat.

4) Vous êtes en couple avec Caroline Ithurbide, et vous ne le cachez pas. N'avez vous pas peur d'être traqués par les paparazzis en rendant cette histoire d'amour public ?

Ha ha ha… Non, je suis de ceux qui pensent que les paparazzis ne gênent que ceux qui prétendent l’être. Si vous y prêtez un peu attention, vous verrez que ce sont toujours les mêmes qui se font “harceler”. De très nombreuses célébrités ne figurent jamais - ou presque - dans les colonnes de Voici, Closer ou Oulala j’ai cru voir un people!
Nous n’avons jamais caché notre histoire d’amour avec Caro. Nous nous sommes rencontrés à Direct8 - grâce à Vincent Bolloré lui-même - et nous ne nous sommes plus lâchés. Nous étions les premiers à l’antenne de Direct8 le 1er avril 2005 à 7h du matin quand la grille officielle de Direct8 a ouvert, au lancement de la TNT gratuite. Nous présentions les matinales en full direct et avons littéralement créé la rédaction. Au départ, il s’agissait uniquement d’une fusion professionnelle… Et puis nous partagions la même vision du monde.
Nous avons très vite proposé à Vincent Bolloré la production de l’émission de nos rêves: 88 MINUTES. Je suis un fan de la télévision américaine, dont je suis persuadé qu’elle a encore énormément de choses à nous apprendre. Nous avons donc construit un talk-show à l’américaine hebdomadaire en direct et en public. C’est rapidement devenu l’un des programmes phare de la chaîne. Nous y recevions les grandes personnalités politiques, des médias, du spectacle. C’était du pur “infotainment” comme disent les Américains. Les questions directes, mais avec le ton du divertissement, un séquençage rapide, des portraits impertinents, des reportages anglés de manière inattendue, des lives, des happenings, etc. Nous étions assez précurseurs je pense. En 3 ans et plus d’une centaine d’émissions, nous avons reçu plus de 700 invités. C’est l’émission que je rêverais de refaire aujourd’hui, mais avec encore plus de moyens et plus d’exposition. Et pour la petite histoire, dans le dernier numéro de 88 MINUTES, nous nous sommes fait un smack en direct avec Caro. C’est dire si nous ne sommes pas cachotiers!

5) Pour revenir au Bachelor, l'émission aura t-elle une septième saison ?

La décision ne dépend pas de moi. Et, à ma connaissance, n’est pas encore prise. La programmation est un métier qui repose sur plein d'éléments humains, techniques et contextuels. Il est encore un peu tôt pour savoir.

6) Avez-vous d'autres projets avec la chaîne NT1, ou tout simplement avec le groupe TF1 ?
Même réponse ;-))

Merci Boris !

Interview réalisée par Florent Rossi (@FlorentRossi06)

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